ven 4 avr 2008

Travail aux champs avant la guerre

04 04 2008

Pour aller à l'école on faisait 3km5 ça commençait à 8h.

Il y avait 3, 4 lignes de moral à écrire. On commençait par une dictée puis les maths, récré puis fable de La Fontaine en breton.

On n'était pas puni pour le breton, le cathé on le faisait aussi en breton.

J'ai commencé à travailler à 6 ans je conduisais le cheval pour tourner la terre (c'était une ferme) cela pendant les vacances et le jeudi tout en apprenant les leçons. Mon père n'admettait pas que l'on ne travaille pas à l'école. C'était de 1929 à 1936.

A la déclaration de guerre j'avais 16 ans, et je travaillais dans les champs pour remplacer les prisonniers de guerre. On gagnait 2 F de la journée à travailler sous le soleil. Le repas de midi se faisait à la ferme des employeurs. Le gouter était au champ. Pour avoir du café au lait on tirait le lait de la jument qui n'avait pas le temps de laisser téter le petit.

Vers 19h on retournait à la maison après avoir rempli le plateau de pommes de terre qui étaient vendues le lendemain à Landerneau.

L'hiver on travaillait dans une autre ferme. On devait conduire les jeunes chevaux pour tourner la terre. Je ne pouvais pas tenir les jeunes chevaux trop fougueux, alors le patron m'a fait travailler avec le braban (c'etait l'outil qui tournait la terre).

Arrivé au bout du champ on faisait demi-tour.

A la maison c'était aussi la saison pour arracher les betteraves et les rutabagas, c'était à Noël il n'y avait pas de vacances de février pendant les vacances de Paques on plantait les pommes de terre, à la main. Et l'été c'était la moisson. L'avoine était coupé à la faux et quelqu'un venait après pour faire les gerbes avec une faucille et une petite fourche en bois. Puis les enfants les mettaient debout pour les faire sécher 8 par 8.

Quand c'était sec on faisait des grandes meules. L'entrepreneur de battage venait mi-aout. L'alimentation de la batteuse se faisait à la main, c'était tres dangereux. Le grain était récupéré en sacs, puis monté dans les greniers. En parallèle la paille était mise en tas par 6 . 7 hommes.

La journée terminée, on faisait la fête. On était une vingtaine.

A 20 ans je suis venue à Brest, mariée ( en aout 1943). Le 18 septembre 44 j'étais sinistrée total. Les allemands mettaient le feu dans les escaliers en bois une maison sur 2. Ce qui est toujours visible dans la rue Anatole France (St pierre). J'etais réfugié à Bodilis jusqu'en 1946.

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